Que penser des assurances vies?

by Christophe001

En janvier 2012, je vous ai fait part, pour la première fois, de mes préoccupations au sujet du fonds euro pour les contrats d’assurance-vie. Je me souviens encore de ce moment, il y a six ans, ou quand j’appuie sur le bouton, je me dis : « Je ne vais pas trop dur ? J’espère que les lecteurs ne seront pas effrayés et lanceront un mouvement de panique ». Lors de la relecture, cet article apparaît aujourd’hui comme plutôt doux. Je vous laisserai juger en la lisant à nouveau : « Devriez-vous garder votre police d’assurance-vie malgré la chute des rendements ?  ». Dans cet article, je vous explique le risque d’une hausse violente des taux d’intérêt sur une tendance à la décompilation, bref, je l’explique, ce risque que nous avons tous identifié comme un risque majeur pour l’assurance-vie à long terme. Mais je vous assure qu’à l’époque personne ne parlait d’un tel risque ! Je termine cet article de 2012 avec cette phrase sans équivoque :

« La conclusion de cet article pourrait donc être la suivante : Non, à long terme, vous ne devriez pas conserver le fonds euro de votre contrat d’assurance vie. Bien qu’à court terme, il n’y ait pas de pénurie de solutions de rechange, il est maintenant nécessaire de chercher des stratégies alternatives. Bien sûr, il est nécessaire d’analyser chaque situation d’actif avant de prendre une telle décision, mais si nous nous arrêtons à l’analyse financière… Cette conclusion est concluante : les fonds en euros provenant de contrats d’assurance-vie ne présentent plus d’intérêt. Alors que le fonds de l’euro était considéré comme l’investissement ultime sans risque, la crise actuelle révèle de nombreuses difficultés pour les assureurs et votre police d’assurance-vie ne devrait plus être considérée comme un investissement « disponible » et « sans risque ».

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Si cela semble banal aujourd’hui, je vous assure que la rédaction de cet article m’a bouleversé pendant quelques jours, comme une prise de conscience d’une grenade en conserve qui attendait juste d’éclater. Avec le recul, mes craintes étaient bien fondées. Néanmoins, dès octobre 2012, nous avons modéré notre déclaration alarmiste dans cet article « Mario DRAGHI aurait-il sauvé des fonds et de la vie en euros Assurance ? »  ». En effet, c’est en juillet 2012 que Mario DRAGHI rassurera les marchés financiers, et s’engagera officiellement dans la manipulation des taux d’intérêt en éliminant le risque d’augmentation incontrôlée. À partir de la fin de 2012, les taux d’intérêt sont sous le contrôle de la Banque centrale européenne, qui adaptera sa politique monétaire pour maintenir les taux d’intérêt en deçà de leur taux d’intérêt naturel. Cette menace était si réelle que le Parlement a modifié la loi pour protéger les compagnies d’assurance-vie contre un tel risque de hausse des taux d’intérêt. C’est la loi SAPIN 2 qui, en juin 2016, autorise le gel de l’assurance-vie en cas de hausse excessive des taux d’intérêt (voir » Assurance vie : le gouvernement peut suspendre, retarder ou limiter les rachats, arbitrages ou avances grâce à la loi SAPIN 2). C’est en 2015 que la Banque centrale européenne s’engagera en fait à un assouplissement quantitatif massif en achetant directement des obligations d’État, puis des grandes entreprises… afin de maintenir les intérêts taux à des niveaux excessivement bas par rapport à leur niveau de marché.

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Aujourd’hui, en 2018/2019, ne devrions-nous pas craindre le retour du risque de faillite du fonds euro et plus généralement des contrats d’assurance vie ?

Depuis 2012, tout est sous contrôle ! Le risque n’existe plus, il est acheté à crédit par la banque centrale qui subventionne l’inflation et l’activité sans lien de dépendance (et il faut admettre que les résultats sont médiocres en termes d’énergie dépensée). Depuis 2012, nous avons vu le risque de faillite du fonds euro dans les parenthèses protectrices d’une banque centrale européenne qui semble déterminée à éviter l’explosion de la zone euro en organisant l’euthanasie des rentiers. Depuis 2012, nous nous sommes adaptés au pire… et nous ne répondons plus à rien. Plus rien ne nous effraie !

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Mais la situation est en train de dérailler ! Peu à peu, ce beau mécanicien nous échappe !

Depuis le début de 2018, ce beau mécanisme qui nous a amenés à croire que tout était sous le contrôle de la Banque centrale européenne nous échappe. On parle de guerre commerciale, même de guerre ; Trump change fondamentalement l’ordre du monde à une priorité absolue pour l’Amérique, quel que soit le prix pour les autres pays ; Nous entrons dans une phase imprévisible de recomposition de la géopolitique mondiale ; le pouvoir change de mains et nous ne savons pas encore qui sera le prochain maître du monde ! Une alliance entre la Russie et la Chine, les Etats-Unis ? Les partis antisystème prennent le pouvoir partout dans le monde dans les pays développés ; La zone euro n’a résolu aucun de ces problèmes, qui sont aujourd’hui cachés par un taux d’intérêt excessivement bas… ; … Quoi qu’il en soit… tout est en train de dérailler, et on commence juste à le remarquer ! On voit le château de cartes tomber… mais on ne voit pas encore les conséquences. Comme nous l’avons déjà écrit dans cet article » Et si les banques centrales n’ont pas sauvé les marchés lors de la prochaine crise ?« , nous vivons sereinement avec l’idée que le la puissante Banque centrale européenne nous sauvera de la prochaine crise, mais aura-t-elle vraiment les moyens et le désir de le faire ? N’ oubliez jamais cette merveilleuse phrase : « C’est quand la mer se retire que vous voyez ceux qui se baignent nus !  ». Nous sommes exactement à ce stade de l’histoire, mais en ce moment nous avons encore de l’eau au nombril. Ainsi, dans un tel scénario, les premières victimes seront les épargnants et surtout les détenteurs d’obligations telles que les compagnies d’assurance-vie et les eurofunds !

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