À partir de juillet 2020, les FAC demanderont le règlement des droits à pension de tous les bénéficiaires de l’AAH. Jusqu’à présent, ce dernier devait effectuer ces étapes elles-mêmes. Au risque d’être sans ressources, le temps de quelques mois. Une mesure de simplification positive.Le changement à la retraite deviendra-t-il un jeu d’enfants ? Voici ce que le gouvernement promet pour l’été 2020 : « L’objectif est de simplifier la transition des bénéficiaires de l’Allocation d’invalidité adulte (AAH) à la retraite », déclare le Secrétaire d’État aux Personnes handicapées. La retraite remplacera automatiquement dans l’AAH à l’âge légal de la retraite (62 ans à plein taux), afin d’éviter de nouvelles procédures administratives pour les personnes handicapées. »
Pour faire respecter vos droits à pension, il est obligatoire…
Les démarches administratives ne laissent aucun répit à ceux qui atteignent le cap des 62 ans avec un taux d’invalidité d’au moins 80 %. Ce seuil garantit la poursuite du versement de l’AAH une fois l’âge légal de la retraite atteint. Mais attention, l’AAH n’est pas une manne inépuisable : il s’agit d’une allocation différentielle, qui complète les revenus issus des pensions de vieillesse ou toute autre ressource.
A voir aussi : Ce qu'il faut savoir sur le calcul de la retraite pour inaptitude
Pour qu’aucune allocation ne vous échappe, il faut activer vos droits à la pension auprès de chaque caisse à laquelle vous avez contribué. Cette étape, connue sous le nom de liquidation des droits, est obligatoire. Si cette formalité passe à la trappe, l’AAH est aussitôt suspendue, et le compte bancaire reste vide le temps que la situation se débloque.
À partir de juillet 2020, la donne change. Les FAC prennent le relais : elles se chargent de demander la liquidation de vos droits à la retraite, sauf si vous faites part de votre désaccord. Dans ce cas, l’AAH vient s’ajouter à vos pensions de vieillesse, selon les modalités prévues à l’article 82 de la loi de financement de la sécurité sociale 2020. Plus besoin de s’enliser dans les formulaires : la transition se veut plus fluide, sur le papier du moins.
A voir aussi : Ce qu'il faut savoir sur les pièges d'une SCI
… même si vous n’avez jamais travaillé
Pour celles et ceux qui n’ont jamais cotisé, la question se pose différemment. Il faut prouver l’impossibilité de toucher une pension pour continuer à percevoir l’AAH, à condition d’afficher au moins 80 % d’invalidité. À ce jour, cette preuve s’obtient en déposant une demande unique de retraite de base auprès de la Carsat, la caisse de retraite et d’assurance maladie des travailleurs.
Le gouvernement mise sur la même logique de simplification administrative. L’idée ? Transférer à la CAF la responsabilité de vérifier la faisabilité du dossier et de s’occuper des démarches préalables. La direction générale de la cohésion sociale l’a annoncé : les conditions pour mettre en place ce nouveau fonctionnement seront passées au crible.
Automatique pour tous les taux d’invalidité
Si votre taux d’invalidité se situe entre 50 et 79 %, le scénario change radicalement. L’AAH ne suit pas après l’âge de la retraite. Pourtant, les FAC continueront à entamer la procédure pour liquider vos droits auprès des organismes concernés.
Dans la pratique, il existe plusieurs cas de figure, souvent source de stress pour les personnes concernées :
- Celles qui n’ont pas initié la demande de pension avant 62 ans se retrouvent, passé cet âge, sans AAH ni pension : la double peine, le temps que la situation administrative se régularise.
- Celles qui ont amorcé la démarche mais ne l’ont pas terminée continuent de percevoir l’AAH pendant quelques mois, le temps que la première pension tombe. Mais attention, cette avance est ensuite récupérée.
Le passage automatique à la retraite vise justement à éviter ces impasses financières et à limiter les interruptions de ressources. Un soulagement pour beaucoup, qui redoutaient jusque-là les effets de seuil et les délais d’attente interminables.
Une exception de bienvenue
Si vous poursuivez une activité professionnelle au-delà de 62 ans, rien n’est automatique. Les dispositifs de liquidation ne s’appliquent pas tant que vous travaillez. Vous continuez à acquérir des droits à la retraite, sans interruption. C’est seulement lorsque vous déciderez de cesser votre activité qu’il faudra enclencher les démarches auprès des différents organismes concernés. Une liberté de choix, mais aussi une responsabilité supplémentaire à ne pas négliger pour éviter toute mauvaise surprise.
La retraite des adultes en situation de handicap n’a jamais été une ligne droite. Mais avec cette simplification annoncée, la promesse d’un passage de relais sans fracas se dessine. Reste à voir si, derrière les textes, la réalité tiendra le choc.

