Le paiement sans contact expliqué simplement et sans jargon

Un chiffre fait mal aux yeux : en 2016, le montant des achats réalisés sans contact a bondi de 230 % en France. Deux milliards d’euros dépensés du bout des doigts, sans code ni signature. Les banques, elles, n’ont pas raté le train et proposent désormais presque toutes des cartes ou dispositifs compatibles.

Le paiement sans contact dépasse la carte bancaire traditionnelle. Porte-clés, cartes à puce, smartphones : la technologie se décline en variantes, mais le principe reste le même. Présentez le support au terminal, nul besoin de code PIN ni de pièce d’identité. Le système s’appuie sur la RFID et la NFC : deux sigles synonymes de communication sécurisée et instantanée entre carte et terminal.

Paiement sans contact : carte de crédit

Pour savoir si votre carte permet ce type de transaction, vérifiez la présence d’un pictogramme spécifique, souvent visible au recto. Si l’option est activée, quelques centimètres suffisent : rapprochez la carte à moins de 5 cm du lecteur, la transaction passe sans code. Gain de temps assuré au moment de régler, files qui s’allègent, la monnaie qu’on ne sort plus.

Difficile désormais de comparer, toutes les cartes embarquent la fonctionnalité. Mais rien n’est imposé : le sans contact n’est qu’une option. À chacun de choisir entre usage classique ou contactless selon ses achats.

La carte de paiement sans contact varie selon la banque

Derrière un usage enfantin, chaque banque garde la main sur ses règles. Trois paramètres changent souvent d’un établissement à l’autre :

  • le plafond par transaction, fréquemment 20 ou 30 euros
  • le cumul maximal sur une période donnée
  • le nombre d’opérations successives autorisées sans avoir à taper le code

Le paiement sans contact est-il actif sur ma carte de crédit ?

Le pictogramme donne un premier indice, mais la banque doit aussi vous préciser la marche à suivre. Toutes ne l’activent pas systématiquement. Si rien n’a été communiqué, mieux vaut contacter son conseiller pour vérifier.

Comment régler avec ma carte sans contact ?

La promesse, c’est la simplicité. Passez la carte, le terminal émet un bip : rien de plus. Certains organismes offrent par ailleurs des supports pédagogiques pour accompagner les utilisateurs.

Avant de tendre votre carte, regardez si le logo sans contact figure sur la vitrine du commerçant : tous ne se sont pas équipés.

Désactiver la fonction sans contact d’une carte de crédit, possible ?

Préférer la version traditionnelle au sans contact, c’est possible. Les démarches diffèrent selon l’établissement. Généralement, deux choix :

  1. Demander la désactivation de la puce NFC : la démarche s’effectue parfois en agence, parfois directement lors d’un retrait ou d’un paiement au distributeur. Ce changement reste souvent réversible, sur simple demande.
  2. Obtenir une nouvelle carte dépourvue de puce NFC : il faut alors patienter le temps de la réception.

Paiement sans contact : téléphone portable

On parle aussi de « M-paiement » ou de paiement mobile. Avec un smartphone récent, régler devient encore plus simple : la carte bancaire peut rester au fond du portefeuille. Mais le mécanisme diffère : certaines conditions techniques doivent être réunies.

Utiliser le paiement sans contact sur son mobile

Première exigence : posséder un téléphone muni d’une puce NFC. Ensuite, la banque doit proposer une solution compatible. Quand ces deux cases sont cochées, le paiement est possible en boutique. Mais la procédure n’est pas la même selon le montant, il vaut mieux le savoir.

Quelles règles pour les achats de moins de 20 euros ?

En dessous de ce seuil, pas besoin de code PIN. Le règlement s’opère directement lors de la détection du smartphone par le terminal.

Et au-delà de 20 euros ?

Dès que le montant dépasse 20 ou 30 euros (selon la banque), une authentification supplémentaire est requise :

  • saisie du code PIN sur le terminal
  • ou saisie d’un mot de passe sur votre smartphone

La banque peut aussi imposer ce contrôle après plusieurs paiements consécutifs via le sans contact, ou quand le plafond cumulé est atteint.

Tour d’horizon des futures solutions mobiles

Au-delà des applications bancaires, d’autres géants technologiques affirment leurs ambitions sur le marché. Le principe demeure : le smartphone se substitue à la carte.

Samsung Pay

Installé sur les Galaxy S6 et plus récents, Samsung Pay cumule NFC et MST : ce double protocole permet de régler même sur les terminaux dépourvus de NFC. Résultat : compatibilité large, déjà des dizaines de millions d’utilisateurs dans le monde.

Android Pay

La solution signée Google reste cantonnée aux États-Unis pour l’instant. Aucune date avancée concernant un déploiement en Europe.

Apple Pay

Apple Pay, déjà présent chez certains acteurs français, sécurise le paiement via empreinte digitale (Touch ID) et jetons cryptés évitant de transmettre les données de la carte d’origine.

Visa et Mastercard

Visa et Mastercard accompagnent toutes ces nouveautés, enclins à ne pas renoncer à leur place dans l’écosystème, tout en se protégeant de la concurrence montante.

Microsoft

Microsoft, quant à lui, avance plus prudemment ; le support progressif des normes SE et HCE sous Windows 10 laisse envisager une future compatibilité avec les grands réseaux de paiement.

Fivory

Fivory, testée dans quelques hypermarchés, propose une application mobile, paiement via QR code, association directe à la fidélité et aux bons de réduction.

Paiement sans contact : nouvelle référence pour les banques ?

Pourquoi les établissements bancaires misent-ils autant sur cette technologie ? La réponse n’a rien d’évident. En 2015, un sondage rapportait que plus de la moitié des clients jugeaient ce nouveau service peu utile ; chez les commerçants aussi, l’adoption n’est pas systématique. En cinq ans, seuls 7 % des règlements de petits montants ont été réalisés via le sans contact. Les réserves persistent : risques de fraude soulignés par les médias, prudence générale, essor plus lent que prévu.

Paiement sans contact : le cas des banques en ligne

Crédit Agricole, Caisse d’Épargne, Banque Populaire, CIC, Crédit Mutuel… Côté banques classiques, la puce NFC est présente sur chaque nouvelle carte. Sur les banques en ligne, les stratégies varient.

Banque Axa

Axa propose uniquement des cartes avec NFC. Impossible d’obtenir une carte traditionnelle. Pour les plus prudents, certains conseillers recommandent des étuis anti-fraude.

BforBank

La carte BforBank, gratuite, inclut la puce NFC mais la fonction sans contact n’est pas active à la livraison : il faut l’activer via l’espace client, puis valider lors d’un retrait.

BNP Paribas

Visa Classic, Premier et Infinite chez BNP Paribas sont fournies de série avec NFC. Pour désactiver la fonction, seule la commande d’une carte sans puce est envisageable, sans coût associé.

Boursorama

La carte Boursorama suit la même logique : NFC intégré, option off à la réception. Un retrait suffit à l’activer définitivement depuis l’espace personnel.

Fortuneo

Sur une carte Fortuneo, la fonction sans contact est présente mais inerte par défaut. Là encore, activation depuis l’espace client et validation en retrait.

Hello bank!

Chez Hello bank!, le NFC est d’emblée activé, fourni sans surcoût. Par précaution, un étui protecteur peut être commandé pour bloquer les ondes à la demande.

ING Direct

Exception sur le marché : la carte ING Direct n’est pas équipée en NFC, donc rien de tout cela possible chez l’enseigne.

Monabanq

Pour la carte Monabanq (comptez 24 €/an pour une Visa classique), la fonction sans contact est directement activée à l’envoi. La désactivation passe par le service client, opération réglée généralement sous 24 heures sans déplacement.

Bientôt

La carte Soon, gratuite, inclut le NFC actif dès l’ouverture. La délivrance d’une carte sans NFC n’est pas proposée, mais un étui de protection reste accessible sur simple demande.

Paiement sans contact : sécurité et risques de piratage

La sécurité du sans contact soulève des inquiétudes de longue date. Dès 2011, des démonstrations pointaient la possibilité de collecter certaines données bancaires via smartphone équipé NFC. Depuis, les émetteurs de cartes ont limité la quantité de données transmises lors d’une transaction.

Pourquoi ne pas avoir tout crypté ? Question de coût selon un expert : renouveler chaque carte et chaque terminal reviendrait très cher. Les banques tolèrent donc une part de vulnérabilité, alors même que chaque opération leur rapporte une commission, cumulée à grande échelle.

Carte de crédit

Risques

Les risques existent. Ils prennent des formes concrètes :

  1. Carte volée : possibilité de régler sans code jusqu’au plafonnement, typiquement 20 euros par transaction, 80 à 100 euros mensuels, au-delà duquel le code PIN redevient obligatoire.
  2. Collecte des données à la volée : équipé d’un lecteur NFC, un fraudeur peut tenter de capter certaines informations. Ce n’est pas à la portée de tous ni instantané, mais la faiblesse de l’absence de chiffrement est pointée du doigt par les spécialistes. Certains affirment que la sécurité du sans contact serait moindre que celle des titres de transport modernes.

Pour limiter l’exposition, quelques banques livrent gratuitement un étui protecteur. En pratique, il forme une barrière physique qui rend toute lecture distante impossible. N’hésitez pas à le réclamer.

D’autres pistes pour sécuriser votre carte ?

Certains établissements proposent des cartes sans NFC, sur demande expresse. Des solutions extrêmes circulent aussi parfois : neutraliser soi-même la puce en perçant la carte. Mais attention, cela risque de rendre la carte inutile, option déconseillée.

Les fabricants innovent. Par exemple, LG prépare une carte connectée unique ; Oberthur Technologies développe la carte Motion Code, qui affiche un cryptogramme à l’écran renouvelé toutes les trois heures, dispositif validé par l’industrie bancaire française. Demain, ce type de technologie pourrait se généraliser.

Autre remarque : côté mobile, le niveau de sécurité reste généralement supérieur. La fonction NFC n’est activée qu’au moment de la transaction, protégée la plupart du temps par code ou biométrie. Sans oublier certains systèmes comme Apple Pay, qui génèrent des numéros de carte temporaires lors de chaque paiement.

Prise en charge en cas de fraude

Si un débit sans contact frauduleux apparait sur votre compte, la banque a l’obligation légale de tout recréditer sans franchise et sans délai, à condition de bonne foi. Vous disposez de 13 mois pour contester tout débit en Europe (70 jours hors zone SEPA).

Paiement sans contact : espèces ou carte ?

Les Français restent attachés à leur monnaie. Un sondage réalisé en 2015 montre que 86 % veulent absolument garder la possibilité de payer en liquide. Les banques vont pourtant dans l’autre sens : chaque billet manipulé leur coûte cher. Mais imposer une disparition des espèces reviendrait à priver d’accès bon nombre de personnes sans compte bancaire, et poserait un vrai problème en cas de panne technique générale.

Vient enfin la question de la vie privée : avec le liquide, peu de traces, tandis qu’un paiement sans contact laisse systématiquement une empreinte numérique stockée dans des bases de données. Une donnée à considérer avant d’opter, à chaque instant, pour le paiement dématérialisé.

Paiement sans contact : conseils de prudence

Cartes bancaires avec ou sans fonction sans contact

Quelques gestes simples réduisent nettement les risques :

  • Gardez toujours votre carte sur vous, ne la prêtez jamais, même à un proche.
  • Ne notez jamais votre numéro de carte ailleurs que là où il reste inaccessible à autrui ; veillez aussi à ne pas le transmettre par email et à ne l’indiquer que sur des sites sécurisés symbolisés par « https » ou cadenas.
  • Code PIN et cryptogramme visuel : strictement confidentiels.
  • Consultez régulièrement vos relevés. Au moindre doute sur une transaction, contactez sans tarder votre banque. Qu’importe le moyen de paiement, la vigilance reste la meilleure arme.

Sur téléphone portable

Sécuriser ses paiements mobiles

Ne choisissez jamais le même code PIN pour la carte et pour l’application mobile de paiement. Les applis obligent en général à valider par code ou empreinte : déjà une première barrière. Le réglage de la fonction NFC, activable ou désactivable à tout moment, apporte une protection supplémentaire. Mais comme tout système informatique, le téléphone peut être exposé à des virus ou tentatives d’accès non autorisé.

Vol du smartphone : réagir vite

En cas de vol, il faut rapidement joindre l’opérateur et la banque pour signaler le sinistre et demander le blocage de tous les moyens de paiement associés à l’appareil.

Demain, ceux qui paient, ceux qui résistent, ceux qui testent chaque option : chacun avance à son rythme. Mais désormais, l’argent, réel ou virtuel, file à moins de dix centimètres, et chaque geste de paiement devient une décision pas tout à fait anodine.