Quelle est la meilleure date de départ à la retraite pour les nés en 1962

À première vue, la réforme des retraites présentée par le Premier ministre le 11 décembre 2019 était simple. Un point clé, l’entrée dans le nouveau système de points devrait être celle des personnes nées en 1975 ou plus tard (1). Sur la base des cotisations à verser en 2025, toutes les prestations antérieures restent garanties conformément à la règle en vigueur. Et pour d’autres, ceux nés avant 1975, sans système de points prévu, nous restons sur un dénombrement trimestriel des droits pour le régime général des salariés.

Vous ont -ils dit l’âge pivot ?

Sur le papier, tout semblait limpide. Mais un paramètre vient chambouler la donne : l’âge pour partir à la retraite. Officiellement, il ne bouge pas. Chacun peut toujours demander sa retraite à 62 ans. Mais voilà, à cet âge-là, toucher une pension sans décote va bientôt devenir mission impossible. La réforme introduit une notion nouvelle : l’âge d’équilibre, ou « âge pivot », qui conditionne le droit à une pension complète. Ce seuil, fixé à 64 ans, sera associé à un mécanisme de malus (si départ avant) ou de bonus (si départ après), avec un taux annoncé de 5 % par an.

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Pourquoi êtes-vous en question ?

Le projet prévoit que cet âge d’équilibre atteigne 64 ans progressivement à partir de 2022. Conséquence directe : ceux qui envisagent de partir plus tôt devront composer avec une pension rabotée. Pour les générations situées autour de 1960, l’âge pivot aura un impact direct sur le calcul de la pension. Selon le calendrier exposé (qui doit encore être débattu au Parlement), l’âge d’équilibre sera relevé de 4 mois chaque année, partant de 62 ans et 4 mois en 2022, jusqu’à 64 ans en 2027. À noter aussi : la borne haute, fixée à 67 ans dans le régime général pour effacer toute décote, disparaîtra elle aussi, sans qu’une date précise n’ait été communiquée.

Les illustrations Pratique

Regardons ce que cela change concrètement. Imaginons un salarié né en 1965. Il pourra toujours demander sa retraite à 62 ans, donc à l’horizon 2027. Mais s’il part à cet âge, il subira une décote de 10 % sur sa pension (5 % par an avant l’âge d’équilibre). Pour éviter cette pénalité, il lui faudra attendre ses 64 ans. Et s’il décide de travailler plus longtemps, sa pension sera alors revalorisée grâce à une surcote. Pour les natifs entre 1960 et 1965, l’âge d’équilibre progresse aussi, mais de façon un peu moins sévère : quatre mois de plus chaque année. Ainsi, pour une personne née en 1962, l’âge d’équilibre devrait tourner autour de 63 ans.

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Existe déjà dans les régimes supplémentaires

Ce système d’âge pivot, assorti de bonus-malus, n’a rien de neuf pour certains salariés. Les régimes complémentaires du privé, Arrco et Agirc, orchestrés par les partenaires sociaux, ont déjà instauré ce mode de fonctionnement. Depuis le 1er janvier 2019, l’âge de 63 ans correspond à la retraite sans abattement dans ces régimes complémentaires. Si un assuré quitte le régime général à taux plein dès 62 ans, un malus de 10 % s’applique pendant trois ans sur la retraite complémentaire Arrco-Agirc.

Pour continuer

Les personnes nées en 1960 ou après ont donc tout intérêt à suivre de près l’évolution de la réforme. Le texte gouvernemental précise que la « nouvelle gouvernance du système », autrement dit les partenaires sociaux, pourra ajuster ces paramètres, avec pour objectif de maintenir l’équilibre financier du régime universel. Il faut aussi garder en tête que la dernière réforme, dite Touraine, en 2014, repousse progressivement la durée de cotisation jusqu’en 2035, ce qui repousse d’autant l’âge d’accès au taux plein, comme l’indiquait déjà le rapport Delevoye : 65 ans et 6 mois pour les personnes nées en 1980, 66 ans et 3 mois pour celles de 1990. Côté régimes spéciaux, où l’âge légal de départ peut descendre à 52 ou 57 ans, la bascule vers le système à points concernera les générations 1980 et 1985.

Les règles du jeu changent, parfois au fil des années, parfois du jour au lendemain. Pour ceux nés en 1962, le calendrier des réformes s’invite dans le calcul du meilleur moment pour partir : surveiller les paramètres, anticiper les effets, et ajuster la trajectoire reste le seul moyen d’éviter les mauvaises surprises. La retraite n’a jamais été un simple couperet, c’est devenu un art de la navigation.