Combien gagne Jordan Bardella chaque mois ? La question revient souvent, et la réponse est plus complexe qu’un simple chiffre. Ses revenus viennent de plusieurs sources distinctes : son mandat d’eurodéputé, la présidence du Rassemblement national, et depuis fin 2024, ses droits d’auteur. Comprendre ces différentes cases aide aussi à mieux situer sa rémunération par rapport aux autres leaders politiques français.
Le salaire d’eurodéputé : la source principale de revenus de Bardella
Jordan Bardella est eurodéputé depuis 2019. C’est ce mandat qui lui garantit un revenu régulier et officiel, versé par le Parlement européen.
L’indemnité d’eurodéputé n’est pas fixée par chaque parti. Elle suit un barème commun, calculé à partir du traitement de base d’un juge de la Cour de justice de l’Union européenne. Tous les eurodéputés perçoivent le même montant de base, qu’ils soient présidents de groupe ou simples membres.
À ce revenu principal s’ajoutent plusieurs enveloppes liées au mandat : frais de déplacement, indemnité de séjour lors des sessions, et une enveloppe dédiée aux assistants parlementaires. Ces montants ne constituent pas des revenus personnels disponibles – ils couvrent les dépenses liées à l’exercice du mandat. Les additionner pour estimer le « salaire » de Bardella donnerait une image faussée.
Un point d’attention utile : le montant net affiché par le Parlement européen n’est pas forcément le revenu disponible final en France. Selon la situation du foyer fiscal, un mécanisme de crédit d’impôt peut encore intervenir au niveau national.
La présidence du RN : un titre sans fiche de paie séparée
Cette fonction de chef de parti ne génère pas un salaire distinct versé par le parti. En France, les partis politiques ne rémunèrent généralement pas leur président via un contrat de travail classique.
La rémunération liée à la présidence du RN passe plutôt par le mandat européen, qui reste le socle de ses revenus officiels. C’est une différence notable avec ce que l’on imagine souvent : diriger un grand parti ne signifie pas percevoir un salaire de dirigeant d’entreprise.

Droits d’auteur : un million d’euros en moins de deux ans
Depuis fin 2024, Jordan Bardella a ajouté une source de revenus très significative : ses livres publiés avec le groupe Fayard.
Selon sa déclaration d’intérêts auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), ses droits d’auteur ont atteint plus d’un million d’euros brut en moins de deux ans, pour ses deux ouvrages : « Ce que je cherche » (novembre 2024) et « Ce que veulent les Français » (octobre 2025).
Ces chiffres sont publics parce que la loi oblige les parlementaires à déclarer leurs revenus annexes. Ce n’est pas un détail : cette transparence permet précisément ce type de comparaison.
- « Ce que je cherche », publié en novembre 2024 : premier livre, qui a généré l’essentiel des droits d’auteur déclarés.
- « Ce que veulent les Français », sorti en octobre 2025 : deuxième ouvrage, qui a prolongé ce flux de revenus via le même contrat avec Fayard.
- Au total, plus d’un million d’euros brut de droits d’auteur déclarés auprès de la HATVP en moins de deux ans.
Ce revenu exceptionnel place Bardella dans une catégorie à part parmi les leaders politiques. Rares sont les chefs de parti dont les revenus hors mandat atteignent ce niveau sur une si courte période.
Comparaison avec les autres chefs de parti français
Voilà la question centrale : est-ce que Jordan Bardella gagne plus ou moins que ses homologues ? La réponse dépend du profil de chaque dirigeant.
Les eurodéputés versus les élus nationaux
Les chefs de parti qui sont aussi eurodéputés bénéficient du même barème que Bardella pour leur indemnité parlementaire. Ceux qui sont uniquement membres de l’Assemblée nationale perçoivent une indemnité différente, calculée selon les règles françaises.
Les deux systèmes ne sont pas directement comparables. Les règles fiscales, les indemnités annexes et les plafonds de cumul diffèrent selon que l’élu siège à Bruxelles ou à Paris.
Ce qui fait vraiment la différence : les revenus annexes
Sur le seul terrain du mandat, les revenus des grands chefs de parti restent dans des fourchettes proches. Ce qui creuse réellement l’écart, ce sont les revenus hors mandat.
- Droits d’auteur : très rares parmi les chefs de parti. Peu atteignent les volumes déclarés par Bardella sur une période aussi courte.
- Activités de conseil ou conférences : certains élus déclarent des revenus liés à des interventions ou missions extérieures, mais ces montants sont très variables et soumis aux mêmes obligations de déclaration.
- Mandats locaux : un président de région ou de département qui préside aussi un parti perçoit plusieurs indemnités cumulées, dans la limite des plafonds légaux.
Au regard de ces éléments, les droits d’auteur de Bardella constituent un écart très visible par rapport à la majorité des chefs de parti français, dont les revenus se concentrent sur leur seul mandat.
Ce que les déclarations HATVP permettent de savoir
En France, tout parlementaire est tenu de déclarer son patrimoine et ses revenus à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Ces déclarations sont publiques et consultables en ligne.
C’est grâce à ce dispositif que les chiffres des droits d’auteur de Bardella ont pu être connus avec précision. Sans cette obligation légale, la comparaison entre chefs de parti resterait très approximative.
Quelques limites à garder en tête : les déclarations portent sur le patrimoine et les revenus déclarés, mais la vérification poste par poste reste difficile pour un citoyen ordinaire. La HATVP peut diligenter des contrôles, mais elle n’est pas un organe de contrôle fiscal au sens strict.
Pour un chef de parti dont les revenus proviennent de plusieurs sources – mandat européen, droits d’auteur, éventuels revenus patrimoniaux -, la photographie financière est donc accessible, mais elle demande un minimum de lecture attentive des documents publiés.
Au final, Jordan Bardella se distingue moins par son indemnité d’eurodéputé, identique à celle de ses collègues, que par le volume exceptionnel de ses droits d’auteur. C’est ce poste, dépassant le million d’euros brut en moins de deux ans, qui place ses revenus totaux nettement au-dessus de la plupart des chefs de parti français dont les ressources se limitent à leur seule indemnité parlementaire.

