Qu’est-ce que la REEI ?

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Le Régime enregistré d’épargne-invalidité (REEI) a pour objet d’assurer la sécurité financière d’un bénéficiaire qui souffre d’une déficience grave et prolongée de ses fonctions physiques ou mentales. Avec le Compte d’épargne libre d’impôt (CELI), le REEI est probablement l’un des legs les plus importants laissés par l’ancien ministre des Finances du Canada, feu Jim Flaherty. En tant que père d’un enfant handicapé, M. Flaherty est particulièrement sensible à la question de la protection financière des personnes vulnérables.

Intervenants

Les principaux acteurs d’un REEI sont le titulaire et le bénéficiaire. Le titulaire établit et administre le REEI, verse ou autorise des cotisations au régime. Le titulaire d’un REEI peut parfois en être le bénéficiaire. Si le REEI est majeur et apte, il peut être le titulaire ou le cotitulaire du REEI. Le bénéficiaire est la personne qui retire des montants du REEI et doit remplir toutes les conditions suivantes :

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  • être admissible au crédit d’impôt pour personnes handicapées (CIPH) ;
  • avoir un numéro d’assurance sociale ;
  • résider au Canada ;
  • être âgé de 59 ans ou moins au 31 décembre de l’année d’ouverture du régime.

Ces exigences doivent être respectées au moment de l’ouverture du REEI et chaque fois qu’une cotisation ou une subvention est versée au régime. Un bénéficiaire ne peut détenir qu’un seul REEI à tout moment. Toutefois, un REEI peut avoir plus d’un titulaire en même temps et pendant son existence. Le bénéficiaire, ses parents, les membres de la famille ou les autres cotisants autorisés peuvent cotiser au régime.

Contributions

Limitées à 200 000$ à vie (pas de maximum annuel), les cotisations peuvent être versées jusqu’à la fin de l’année au cours de laquelle le bénéficiaire atteint l’âge de 59 ans. Ce plafond comprend les cotisations en tant que telles et, le cas échéant, les transferts d’un régime enregistré d’épargne-retraite (REER) d’un parent décédé ou d’un régime enregistré d’épargne-études (REEE).

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Bien qu’il n’y ait pas de limite annuelle, en plus de la durée de vie de 200 000$, la Subvention canadienne pour l’épargne-invalidité (SCEI) annuelle est limitée, ce qui rend les paiements annuels très importants moins avantageux. Comme dans le cas du REEE, la cotisation à un REEI n’est pas déductible.

Subvention canadienne pour l’épargne-invalidité

Les cotisations à un REEI sont admissibles aux SCEI au taux de 100 %, 200 % ou 300 %, selon le revenu net familial et le montant des cotisations.

  • Dans le cas d’un bénéficiaire dont le revenu familial est inférieur ou égal au deuxième seuil d’impôt fédéral (93 208$ en 2018), la SCEI représente 300 % des premiers 500$ versés au régime et 200 % des cotisations subséquentes jusqu’à 1 500$.
  • Dans le cas d’un bénéficiaire dont le revenu familial dépasse le seuil déterminé (93 208$ en 2018), la SCEI équivaut à 100 % des cotisations versées.

Le SCEI est plafonné à 10 500$ par année et à 70 000$ à vie. Les subventions sont versées jusqu’à la fin de l’année au cours de laquelle le bénéficiaire atteint l’âge de 49 ans.

Prenons un exemple de bénéficiaire avec une famille un revenu de 75 000$. En 2018, un montant de 1 500$ est déposé dans son REEI. La première contribution de 500$ sera subventionnée à hauteur de 300 % (1 500$). Les 1 000$ suivants seront admissibles à une subvention de 200 % (2 000$). Ainsi, la contribution de 1 500$ aura généré une subvention totale de 3 500$.

Si, pendant 20 ans, le revenu familial du bénéficiaire n’excède pas le seuil de subvention maximal, il aura reçu 70 000$ en subventions sur 20 ans (3 500$ par année), ce qui représente un total de 30 000$ (1 500$ par année). Il s’agit d’un excellent retour sur investissement sans même tenir compte des rendements.

Obligation canadienne pour l’épargne-invalidité

Les familles à faible revenu (moins de 46 605$ en 2018) sont admissibles à un NCA pouvant atteindre 1 000$ par année. Les PEH ne dépendent pas du montant cotisé à un REEI et peuvent être versées jusqu’à la fin de l’année au cours de laquelle le bénéficiaire atteint l’âge de 49 ans.

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Enfin, depuis le 1er janvier 2011, il est possible de réclamer le subventions et bons non utilisés des dix dernières années. Pour ce faire, le bénéficiaire doit être admissible à la SCEI et au RNB et être âgé, au moment de la demande, âgé de 49 ans ou moins.

Crédit d’impôt pour personnes handicapées (CIPH)

Le bénéficiaire d’un REEI doit avoir droit au CIPH, aussi connu sous le nom de montant pour personnes handicapées. L’admissibilité doit être vérifiée de façon continue, et pas seulement au moment de l’ouverture du REEI.

Il s’agit d’un crédit d’impôt non remboursable pour une personne ayant une invalidité grave et prolongée. Pour être admissible, un médecin qualifié doit certifier que la personne répond aux critères énoncés dans la Loi de l’impôt sur le revenu. L’Agence du revenu du Canada doit approuver la demande, qui est produite sur le formulaire T2201 — Certificat de crédit d’impôt pour personnes handicapées.

D’ autres conditions doivent être remplies, à savoir :

  • La déficience des fonctions physiques ou mentales doit être grave et prolongée (il est raisonnable de s’attendre à ce qu’elle dure au moins 12 mois consécutifs) ;
  • La déficience doit toujours ou presque toujours restreindre l’individu (au moins 90 % du temps) ;
  • La capacité de travailler n’est pas prise en compte lors de la détermination de l’admissibilité au CIPH.

Retraits

Le bénéficiaire devra commencer à gagner un revenu du REEI au plus tard au cours de l’année où il aura 60 ans.

Effets du REEI sur les autres prestations du gouvernement

Les montants détenus dans le REEI ou retirés du REEI n’ont aucune incidence sur l’admissibilité aux prestations fédérales, comme la Prestation canadienne pour enfants, le crédit pour la taxe sur les produits et services, le crédit pour la taxe de vente harmonisée, le Supplément de revenu garanti, la pension de sécurité de la vieillesse ou les prestations d’assurance-emploi. Toutefois, le fait d’avoir un actif important dans un REEI peut rendre le bénéficiaire inadmissible à certains programmes d’aide sociale au Québec.

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Décès

Au décès du bénéficiaire, le solde du REEI (moins les retenues à la source à rembourser au gouvernement) est remis à la succession avant la fin de l’année civile suivant la année du décès, et toute partie imposable doit être incluse dans le revenu de la succession.

Transfert de REER vers un REEI

Au décès d’un particulier, il est possible de transférer son REER au REEI de son enfant ou de son petit-enfant financièrement à charge sans incidence fiscale. Toutefois, le montant du transfert ne doit pas dépasser la limite cumulative du REEI de 200 000$ moins les cotisations antérieures versées au REEI. Ce transfert n’est pas admissible à l’EICS. De plus, puisque les montants provenant du REER n’ont pas encore été imposés, ils seront imposés entre les mains du bénéficiaire au moment du retrait.

Transfert d’un REEE à un REEI

Si le bénéficiaire d’un REEE ne fréquente pas l’école en raison d’une déficience physique ou intellectuelle qui le rend admissible au CIPH, il est possible, sous certaines conditions, de transférer le revenu accumulé (à l’exclusion des subventions et des pièces justificatives) du REEE à un REEI.

Le transfert a lieu comme suit :

  • REEE les cotisations sont versées au cotisant à un REEE (souvent le parent) ;
  • Les subventions canadiennes pour l’épargne-études, les bons canadiens pour l’épargne-études et les incitatifs québécois pour l’épargne-études déposés dans le cadre du REEE sont remboursés au gouvernement
  • Le REEE doit être fermé au plus tard à la fin du mois de février de l’année suivant celle au cours de laquelle le roulement a lieu ;
  • Le revenu de placement provenant du REEE est versé au REEI ; ce transfert réduit le montant des droits de cotisation disponibles ;
  • Le montant du transfert n’est pas admissible au SCEI ;
  • Au moment du retrait, le montant transféré est inclus dans la partie imposable du revenu versé au bénéficiaire.

En conclusion, pour une personne handicapée, le REEI est un mécanisme de placement avantageux sur le plan financier et fiscal.

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