Le formulaire 2044 est la déclaration annexe à la déclaration de revenus (2042) qui sert à calculer le revenu foncier net imposable d’un propriétaire bailleur en location nue. Pour la campagne fiscale 2026 portant sur les revenus de 2025, le cerfa 2044 reste le document de référence dès que le régime réel s’applique. Ce guide détaille la logique du formulaire, les cases à remplir et les pièges propres à une première déclaration.
Location nue au réel en 2026 : pourquoi la 2044 redevient compétitive
L’arbitrage entre location meublée et location nue a sensiblement bougé. La loi de finances 2026 abaisse le seuil du micro-BIC et réduit son abattement forfaitaire à 30 %, désormais aligné sur le micro-foncier. Côté prélèvements sociaux, la location meublée non professionnelle supporte un taux global de 18,6 %, contre 17,2 % pour les revenus fonciers.
Pour un primo-bailleur qui engage des travaux de rénovation ou rembourse un emprunt, le régime réel de la location nue permet de déduire ces charges et, le cas échéant, de créer un déficit foncier. La 2044 devient alors l’outil central de l’optimisation fiscale dès la première année de location.

Régime micro-foncier ou régime réel : choisir avant de remplir la 2044
Le régime micro-foncier s’applique de plein droit quand les revenus fonciers bruts du foyer ne dépassent pas 15 000 euros par an, toutes propriétés confondues. Il accorde un abattement forfaitaire de 30 % et ne nécessite pas de formulaire 2044 : les loyers sont simplement reportés en case 4BE de la déclaration 2042.
Le régime réel, lui, oblige à remplir la 2044 et à détailler chaque charge déductible. Il devient avantageux dès que les charges réelles dépassent 30 % des loyers bruts. Ce seuil est souvent franchi la première année grâce aux intérêts d’emprunt et aux éventuels travaux.
Opter pour le réel quand on débute
L’option pour le régime réel se matérialise simplement par le dépôt d’une déclaration 2044. Elle engage le bailleur pour trois ans minimum. Avant de cocher cette case, il faut donc vérifier que les charges resteront suffisantes sur cette période pour justifier le choix.
- Intérêts d’emprunt encore élevés les premières années du prêt (part d’intérêts décroissante avec le temps)
- Travaux de remise en état réalisés avant ou juste après la mise en location
- Frais de gestion, primes d’assurance propriétaire non occupant et taxe foncière (hors ordures ménagères)
Remplir la déclaration 2044 ligne par ligne : recettes, charges et déficit foncier
Recettes foncières : lignes 211 et suivantes
La première partie du formulaire recense les loyers bruts encaissés au cours de l’année. Les loyers déclarés sont ceux effectivement perçus, pas ceux facturés. Un loyer impayé en décembre 2025 ne figure donc pas sur la 2044 de cette année-là.
Les recettes comprennent aussi les éventuelles subventions de l’Anah, les indemnités d’assurance couvrant une perte de loyer, ou les revenus accessoires liés au bien (droit d’affichage, par exemple).
Charges déductibles : lignes 221 à 227
C’est le coeur du formulaire pour un primo-bailleur. Chaque catégorie de charge dispose d’une ligne dédiée :
- Frais d’administration et de gestion (ligne 221) : honoraires d’agence, rémunération d’un gardien. Un forfait de 20 euros par local est admis pour les frais de correspondance et de téléphone
- Primes d’assurance (ligne 223) : assurance propriétaire non occupant, garantie loyers impayés
- Travaux d’entretien, de réparation et d’amélioration (ligne 224) : peinture, remplacement de chaudière, isolation. Les travaux de construction ou d’agrandissement sont exclus
- Intérêts d’emprunt (ligne 250) : intérêts du prêt immobilier, frais de dossier bancaire, assurance emprunteur. Ils se déduisent uniquement des revenus fonciers, jamais du revenu global
Déficit foncier : quand les charges dépassent les loyers
Si les charges (hors intérêts d’emprunt) dépassent les recettes, un déficit foncier imputable sur le revenu global se crée dans la limite de 10 700 euros par an. La fraction excédentaire et le déficit lié aux intérêts d’emprunt sont reportables sur les revenus fonciers des dix années suivantes.
Pour un premier investissement avec travaux, cette mécanique peut annuler l’imposition foncière la première année et réduire l’impôt sur le revenu global. La condition principale : le bien doit rester loué jusqu’au 31 décembre de la troisième année suivant l’imputation du déficit.

Erreurs fréquentes sur la 2044 lors d’une première déclaration
Confondre la date de facturation des travaux et la date de paiement est le piège le plus courant. Seuls les montants effectivement payés en 2025 sont déductibles sur la déclaration 2044 de 2026, même si la facture date de 2024.
Autre erreur : déduire les intérêts d’emprunt du revenu global. Le formulaire sépare clairement les intérêts (ligne 250) des autres charges. Les intérêts ne peuvent générer qu’un déficit reportable sur les revenus fonciers futurs, pas un déficit imputable sur les salaires ou pensions.
Oublier de joindre la 2044 à la déclaration 2042 en ligne est aussi fréquent. Sur impots.gouv.fr, il faut cocher l’annexe « revenus fonciers » lors de l’étape 3 de la déclaration en ligne pour que le formulaire apparaisse. Sans cette case cochée, les charges ne sont pas prises en compte.
Télécharger le formulaire 2044 pour 2026 en PDF
Le cerfa 2044 millésime 2026 (revenus 2025) et sa notice sont disponibles directement sur le site impots.gouv.fr, dans la rubrique « Formulaires ». Le PDF vierge permet de préparer sa déclaration avant de la saisir en ligne, ce qui reste le mode de dépôt privilégié par l’administration.
La notice officielle détaille chaque ligne du formulaire et précise les justificatifs à conserver. Pour un premier remplissage, la lire intégralement avant de se lancer évite la majorité des erreurs de ventilation entre les lignes 221 à 250.
Un propriétaire qui démarre la location nue en cours d’année ne déclare que les loyers et charges correspondant à la période effective de mise en location. La proratisation se fait naturellement : si le bail commence en septembre 2025, seuls quatre mois de loyers et de charges figurent sur la 2044 déposée en 2026.

