lundi 8 mars 2010

Crayonnés, une exposition des artistes en résidence à Angoulême

D'abord présentée en janvier dernier dans le cadre du Festival International de la Bande Dessinée, l'exposition "Crayonnés" permet de découvrir le travail des artistes venus des quatre coins du monde et qui résident actuellement à la Maison des Auteurs de la CIBDI.
Je crois qu'on ne le dit pas assez : Angoulême est un véritable vivier de talents créatifs et la Maison des Auteurs un formidable équipement qui gagne à être connu! À l'heure où l'imagerie numérique est de plus en plus valorisée, cette exposition n'oublie pas de rappeler qu'il faut généralement plusieurs supports avant d'arriver à une œuvre finie et nous confronte à ce qui constitue souvent la matrice de l'art : le crayonné!

L'affiche de l'exposition 2010 a été réalisée par Rachel Deville, qui par le plus grand des hasards se trouve être une de nos voisines de (presque)palier et a gentiment accepté de me faire une petite dédicace...
Crayonnés a été remontée dans les locaux de la CIBDI (121 rue de Bordeaux - 16000 Angoulême) et sera visible du 9 mars au 19 septembre 2010, un prétexte parmi de nombreux autres pour venir passer un week-end à Angoulême.

vendredi 5 mars 2010

La poudrerie nationale d'Angoulême

La Poudrerie nationale d'Angoulême est l'une des quatre manufactures royales qui se sont implantées en Poitou-Charentes, à la faveur du développement de la force militaire française. J'ai eu l'occasion d'étudier ce site gigantesque au cours de mon stage au Musée du Papier d'Angoulême, bien que les informations le concernant soient extrêmement difficile d'accès. En effet, comme il s'agit d'un site autrefois dédié à la production de poudres et explosifs, ses archives sont ultra secrètes!

La poudrerie a été créée sur ordonnance royale en 1817 en remplacement de celle de Saint-Jean d’Angély, laquelle fut détruite par une explosion un an plus tôt. L'établissement, qui approvisionnait la flotte militaire de Rochefort par voie fluviale, fut installé à l'ouest de la commune d’Angoulême, à l’intérieur de la boucle formée par un méandre de la Charente. La force motrice du fleuve permettait initialement d’actionner 15 moulins à poudre. L’activité réellement "industrielle" débuta en 1826 et le site s’étendit progressivement pour atteindre 200 hectares en 1917. Entre 1827 et 1888, on y produisit de la poudre noire (pour la guerre, la chasse et la mine) puis à partir de 1888 du coton-poudre (nitrate de cellulose).

Pour l'anecdote, l'écrivain Honoré de Balzac effectua plusieurs séjours à la poudrerie entre 1831 et 1833, invité par la femme du Commandant Carraud, laquelle était son amie et sa confidente. Ces visites ont permis à Balzac de s’imprégner de la vie charentaise, lui permettant d’écrire plus tard ses "illusions perdues" et nous valent aujourd'hui une belle plaque commémorative sur l'un des bâtiments subsistants.
La première guerre mondiale fit évidemment augmenter la production : pour se donner une idée de l'ampleur du site, entre 1914 et 1918, ce sont 14500 ouvriers et ouvrières, 250 ingénieurs et employés qui ont produit jusqu’à 870 tonnes d'explosifs par jour. En 1936, on construisit une unité supplémentaire pour fabriquer de la nitroglycérine, le constituant principal de la dynamite. L’occupation allemande de Juin 1940 entraîna la cessation des activités et les bombardements de mars 1944 occasionnèrent des destructions partielles sur le site. Après reconstruction, la production reprit pour répondre aux besoins des armées de l’OTAN et la poudrerie devint en 1975 la Société Nationale des Poudres et Explosifs (SNPE). Elle employait encore 150 personnes à Angoulême avant de fermer définitivement en 2004.

Aujourd'hui, le site fait l’objet d’un chantier de dépollution colossal et de nombreuses installations sont rasées. Les terrains ne devraient pas être "propres" avant 2020, comme annoncé dans cette vidéo :

         

Voici quelques images de ce qu'on peut observer depuis la rive droite de la Charente et en longeant le domaine interdit au public :


Encore un témoin de l'histoire industrielle amené à disparaître et qui tombera certainement dans l'oubli, au vu du patrimoine difficile à assumer que représente cet ancien lieu de production...

Sources :

vendredi 26 février 2010

Culture scientifique et affaires criminelles

Les processus et techniques d'investigation de la Police criminelle ont vraisemblablement le vent en poupe ces temps-ci! De nombreuses structures culturelles proposent à leurs publics des expos et ateliers pour découvrir comment résoudre un meurtre, avec les moyens dont disposent les enquêteurs au XXIe siècle.


Il semblerait que ce soit l'Espace Mendès France à Poitiers qui ait lancé la mode il y a un peu plus d'un an, avec son exposition "Scène de Crime", laquelle a remporté un franc succès. Le concept : une scène de crime reconstituée, différentes séquences visant à immerger le visiteur dans l'enquête et à l'amener à résoudre lui-même l'affaire. À Poitiers, l'expo était complétée par des ateliers de l’École de l’ADN, des conférences au Centre Régional de Documentation Pédagogique et un cycle spécial « polar » au cinéma Le Dietrich.

La Cité des Sciences a récupéré le concept avec sa "Crim'Expo" (qui s'est terminée en janvier 2010) et a pensé aux provinciaux ne pouvant pas se déplacer dans la capitale en proposant un site dédié et un jeu en ligne.

Prochainement, c'est l'Espace des Sciences de Rennes qui présentera son exposition "Meurtre à l'Espace des Sciences" du 30 mars au 14 août 2010.

Sources :

samedi 20 février 2010

Vis ma vie en Charente

Couverture du n°72 de Tonus Charente, le magazine du département ©CG16 Il y a quelques semaines, j'ai reçu dans ma boîte aux lettres le magazine Tonus Charente édité par le département, lequel comportait un dossier spécial intitulé "Charente plurielle", qui aborde le sujet de l'immigration en Charente. Inutile de vous dire que je me suis tout de suite sentie concernée. Après plus de 10 mois de résidence permanente à Angoulême je me rends compte que je suis très sérieusement en train de m'attacher à ce territoire, de m'approprier son Patrimoine et de rêver de m'y installer pour un petit bout de temps (même si cela semble compromis compte tenu des perspectives d'emploi dans le coin...).

Je ne sais pas si le fait d'avoir étudié le Patrimoine culturel rend l'intégration dans une nouvelle ville plus facile... sans doute que ça doit jouer. Mais il y a en Charente un je-ne-sais-quoi qui donne envie de s'attacher, une population "fière" d'être charentaise, une identité marquée. La plupart des charentais "de souche" que j'ai rencontrés jusqu'à aujourd'hui me semblent proches de leurs racines, conscients de leur culture et de leur patrimoine (même si cela reste à relativiser pour le patrimoine industriel).

Quoi qu'il en soit, ce n°72 de Tonus Charente surfe quelque peu sur la vague du débat sur l'identité nationale mais en affirmant une certaine légitimité départementale. Le courrier invitait par ailleurs à signer la pétition pour la conservation de la collectivité face à la réforme menaçante, ce que je vous encourage vivement à faire!

Les parutions de Tonus Charente peuvent être téléchargées ici et le n°72 directement .

vendredi 12 février 2010

Les stages, tristes rites initiatiques

Un récent entretien téléphonique avec Malika Boudellal, "ethno-muséographe" indépendante et partenaire du cabinet Espitalié consultants, m'a fait m'interroger sur le sens d'effectuer des stages au cours de sa scolarité. Un peu tard pour y penser, me direz-vous, quand on a soi-même fini ses études et fait 5 stages! Toujours est-il que, ne m'étant pas encore désinscrite, je continue de recevoir des alertes mail du site Profilculture et que les offres de stage qu'on y trouve me semblent bien plus nombreuses que les années précédentes...
Offres de stage sur Profilculture.com
Au cours de notre discussion, j'ai eu le malheur de placer le mot "stage", qui a quelque peu fait sortir Mme Boudellal de ses gonds. En effet, la consultante émérite est littéralement contre les stages et défend avec vigueur l'idée qu'ils ne servent à rien. Son point de vue est que ce statut correspond à du travail dissimulé : "Je ne réponds jamais à une demande de stage. En revanche, si un jeune me demande du travail, là, je m'assois et je parle avec lui". Parce que tout travail mérite salaire, un étudiant devrait donc se positionner par rapport à la mission qu'il souhaite effectuer, au cours d'une période de mise en pratique des enseignements professionnels qu'il a reçus... et donc prétendre à un "vrai" salaire. Le stage tel qu'on l'entend aujourd'hui, lequel doit correspondre à une réelle expérience de travail, ne devrait peut-être plus s'appeler comme tel. Pourtant, au vu des alertes que je reçois quotidiennement, nombreuses sont les structures qui proposent des stages de courte ou longue durée, indemnisés ou non (selon les dispositions légales en vigueur) et qui n'ont pas peur de formuler leurs demandes comme de réelles offres d'emploi. Et croyez-moi, en ce moment il y a beaucoup plus d'offres de stages que de postes à pourvoir!
Tout ça pour dire que, nous autres étudiants avons depuis longtemps accepté ce système, ce "passage obligé" qu'est le stage, en vue d'acquérir la sacro-sainte "expérience professionnelle" dont nous avons besoin et par conséquent remplir notre précieux CV. Certains d'entre nous, qui ont connu l'époque des stages gratuits, se sont même estimés heureux de recevoir 400€ par mois!
Alors oui, les stages sont absurdes, le statut de stagiaire peut parfois même être humiliant... mais ils sont inscrits dans l'ordre des choses. Et comme il ne faut pas se plaindre de ce qu'on accepte, nous perpétuons année après année l'idée qu'un stagiaire peut très bien remplacer une personne recrutée en CDD. S'il y avait une Malika Boudellal dans chaque entreprise ou structure, peut-être n'en serions-nous pas là et que le travail des jeunes serait davantage valorisé... même dans le secteur de la Culture et du Patrimoine, où il-n'y-a-pas-d'argent-c'est-bien-connu!

Ressources en ligne :

mardi 9 février 2010

Le musée d'Aquitaine de Bordeaux, entre tradition et renouveau

Découvert au cours de mes dernières pérégrinations, le Musée d'Aquitaine m'a fait l'effet d'un vieux musée de ville un peu "patchwork", un peu "labyrinthe", mais qui essaye de se rattraper au travers d'une nouvelle installation permanente concernant la période du XVIIIe siècle, l'exposition "Bordeaux, le commerce Atlantique et l'Esclavage".

C'est assez frappant de voir que la scénographie des musées ouverts dans les années 1980, qui présentent des collections de préhistoire et d'archéologie, est toujours la même : mêmes couleurs, même ambiance triste et terne, même vocabulaire spécifique et mêmes explications parcimonieuses.
Musée d'Aquitaine - sélection d'images de la collection permanente archéologie
Pourtant, le musée dispose d'un fond considérable et de pièces exceptionnelles, d'une situation idéale en centre ville et d'un bâtiment d'accueil tout aussi prestigieux.
Le parcours archéo m'a fait ainsi penser à celui du Musée Saint-Croix à Poitiers, où ne sont réellement mises en valeur que les collections "Beaux-Arts" et où les espaces préhistoire et archéologie romaine passent complètement au second plan. Pour une ville inscrite au Patrimoine mondial de l'Unesco, je trouve que le Musée d'Aquitaine ne reflète pas suffisamment la richesse de la cité bordelaise. Mais ce n'est que mon avis!

En revanche, l'exposition inaugurée au printemps 2009 sur les thèmes de l'économie, de la société au XVIIIe siècle et de la traite négrière vaut particulièrement le détour.
Bordeaux, le commerce atlantique et l'esclavage
Conçue en parallèle de la journée de la commémoration nationale de l’abolition de l’esclavage, qui s'est tenue le dimanche 10 mai dernier à Bordeaux, cette installation permanente complète la muséographie sur une période qui n'était jusqu'alors pas bien explorée. Le parcours est fluide, les textes très bien construits, les objets exposés plutôt pertinents, les supports de médiation variés. L'identité graphique et la scénographie choisies sont simples, élégantes, efficaces. Pourrons-nous un jour découvrir les collections préhistoriques et archéologiques avec le même plaisir?

Sources :

jeudi 4 février 2010

Save the date #3

Salons Mahana et Tourissima 2010 C'est plus un "Save the dateS" que je vous sers aujourd'hui, puisque je veux vous parler des célèbres  salons Mahana et Tourissima, rendez-vous incontournables de tous les acteurs du tourisme à Toulouse, Lille, Lyon et Marseille.
J'ai un peu de mal à y croire mais, apparemment, c'est la première fois qu'est mis en avant le thème "Culture et Patrimoine", choisi pour cette édition 2010.

Des études menées auprès des visiteurs de ces salons en 2009 ont confirmé l'intérêt des publics pour les activités culturelles lors d'un séjour touristique : à la question "Quels loisirs/activités pratiquez-vous ou souhaiteriez-vous pratiquer pendant vos vacances?", 59% des répondants ont coché la case "Culture et Patrimoine", alors que 30% avouent préférer faire la crêpe à la plage. Bien sûr, je ne connais pas le profil socioprofessionnel des visiteurs de Mahana et ces statistiques sont bien entendu à relativiser... Ceci dit, je reste convaincue que la demande en matière d'activités de découverte culturelle et patrimoniale ne cesse d'augmenter.

La version marseillaise de Mahana permet de faire un clin d'œil spécial à la cité, qui a été choisie pour être la Capitale européenne de la Culture 2013. Du côté de Lyon, on fête également la tenue du 30e salon Mahana, toujours installé dans la Halle Tony Garnier, un autre chef d'œuvre du Patrimoine industriel.

Les dates à retenir :
- Mahana Toulouse du 5 au 7 février 2010 au  Parc des Expositions - Rond Point Michel Bénech
- Mahana Marseille du 26 au 28 février 2010 au Parc Chanot
- Tourissima Lille du 26 au 28 février 2010 au Grand Palais - Euralille
- Mahana Lyon du 5 au 7 mars 2010 à la Halle Tony Garnier

Sources :
- Site officiel des salons Mahana et Tourissima et document de présentation de la thématique 2010 téléchargeable à partir d'ici.